L'histoire du PSG



Depuis 1970, année de sa création, le Paris Saint-Germain fait parler de lui, tant par ses exploits que par ses frasques. Club très médiatisé de la capitale, le PSG fait vibrer les foules et ne peut laisser indifférent un fan de football qui se respecte : on aime ou on déteste Paris. Aussi, pour assouvir votre curiosité, www.Passion1970.fr a décidé de vous faire vivre, semaine après semaine, les 38 ans d'histoire de votre club favori. Retrouvez ainsi en sept épisodes l’histoire de ce jeune club qui possède déjà un palmarès que bien d’autres lui envient.



1974 – 1978 : le difficile apprentissage

L'euphorie de la montée passée, le PSG doit déjà subir son premier coup dur : Henri Patrelle, dirigeant historique du club, démissionne de son poste suite à de nombreux désaccords avec Daniel Hechter. Cependant, ce dernier peut se consoler avec l'enveloppe des transferts qu'il possède pour recruter : 3 millions de francs, une belle somme pour l'époque. Avec celle-ci, il recrute de grands noms, comme Ivica Pantelic et un certain Mustapha Dahleb (recruté 1 045 000 FF, un autre record). Le PSG est donc prêt pour sa première saison parmi l'élite du football français.

Pour son premier match, Paris l'emporte à l'extérieur face à Sochaux 1 – 0 (but de M'Pelé). Ce sera l'un des seuls rares faits marquants de cette saison en championnat, car dès le match suivant, Reims écrase Paris 6 à 1, les six buts rémois étant marqués par un certain Carlos Bianchi... Finalement, Paris arrive à se sauver en finissant péniblement la saison à une modeste 15ème place. Mais l'essentiel est là : le maintien.

Côté sportif, ce n'est qu'en coupe de France que Paris brille, en arrivant jusqu'en demi-finale de cette compétition. Sochaux et Marseille furent quelques unes de ses « victimes ». Paris affronte alors Lens en demi finale, et l'enjeu est de taille : celui qui parvient à battre l'autre se qualifiera pour la coupe d'Europe des vainqueurs de Coupe. Ce serait inespéré pour Paris d'être européen dès sa première saison en D1 ! Malheureusement, à quelques minutes près, le PSG rate cet exploit. A 8 minutes de la fin du match, le PSG mène 2-1, mais est rejoint trois minutes plus tard sur un coup franc. Finalement, Paris prend le but fatal en prolongation, et voit son rêve s'éloigner. Dommage !

La saison suivante s'inscrit dans la continuité de la précédente : pourrie. Celle-ci est marquée par un des conflits les plus historiques du PSG : celle de Just Fontaine et Jean-Pierre Dogliani. Anciens amis inséparables, pendant toute cette saison, ils vont se déchirer. Sous la pression des résultats en dent de scie, le premier met plus souvent le second sur la touche et le prive même de son brassard de capitaine au profit d'Humberto. Dogliani l'a mal pris, a même menacé de quitter Paris, sous une colère noire. Daniel Hechter a été obligé d'intervenir pour désamorcer le conflit, ce qui n'a pas plu à Justo. L'ambiance s'en trouve donc ternie, avec les conséquences que cela amène...

On ne retiendra que trois choses pendant cette saison : le maintien acquis dans les dernières journées, l'ouverture officielle du centre de formation parisien et les départs simultanés des deux acteurs majeurs de cette saison : Dogliani et Fontaine. Le conflit est donc terminé, on peut repartir pour une nouvelle saison parmi l'élite dans la joie et le bonne humeur. Tout est bien qui finit bien donc, sauf pour ces deux là, qui étaient amis avant de passer à Paris...

La saison suivante est nettement meilleure. Fini les chamailleries, place au travail. C'est le credo du nouvel entraîneur, Velibor Vasovic. Celui-ci décide de faire confiance pratiquement au même groupe que la saison dernière. Il annonce aussi clairement son objectif de fin de saison : l'Europe, ou la démission. Il va vite déchanter : au bout de 5 journées, Paris est dernier... Daniel Hechter demande alors d'obtenir les pleins pouvoirs dans le cadre de sa présidence. Il l'obtient, mais ce fut difficile pour lui. Vasovic se prive aussi des services

Finalement, pas grand chose ne change dans le vestiaire, il y a toujours autant de conflits et de résultats difficiles. Paris finira neuvième de D1, grâce à des M'Pelé et Dahleb royals pendant toute la saison. Velibor Vasovic démissionne en fin de saison, n'ayant pas obtenu l'Europe, en véritable homme d'honneur qu'il est. Il faut encore recruter quelqu'un pour le remplacer...

Un choix très étonnant va alors être fait : Jean-Michel Larqué, capitaine du grand Saint-Etienne, est recruté au PSG en tant ... qu'entraîneur joueur ! Un choix qui ne pas s'avérer payant, car même s'il est un joueur reconnu, il est en fin de carrière, et n'a pas encore assez d'expérience en tant qu'entraîneur. L'effet escompté n'est vraiment pas celui espéré par le président Hechter, malgré le recrutement de Carlos Bianchi... Cette saison est là encore pas très bonne, en dessous des espérances, mais est historique pour le club : l'affaire de la double billetterie est l'un des plus scandales de son histoire... Daniel Hechter avait mis en place une caisse noire, censée donner aux joueurs des avantages autres que leurs salaires de base. Il a justifié son action par la déclaration suivante (France Football, 10/01/1978) : « On a voulu instaurer la charte du joueur, mais personne ne peut la respecter. Cette charte prévoit que les clubs ne peuvent pas payer un joueur plus de 12 000 FF par mois. Mais vous croyez que Platini, Trésor ou Rocheteau puissent se contenter de ça ? Les clubs sont donc obligés de payer des dessous de table, d'où l'existence d'une caisse noire ».

Une explication lympide. Chacun se fera un avis sur cette affaire, en tout cas celui de la fédération est clair : Daniel Hechter est radié à vie de toute présidence d'un club de football. Une sanction lourde, qui l'oblige à passer la main. C'est finalement Francis Borelli, le vice-président de l'époque, qui prend les rênes du club parisien le 9 janvier 1978. Le lendemain d'un PSG – Marseille rempli d'émotion, où Hechter a été porté en triomphe par ses joueurs et ovationné par le public. Une bien triste fin... Il sera finalement réhabilité bien plus tard, mais trop tard...