L'histoire du PSG



Depuis 1970, année de sa création, le Paris Saint-Germain fait parler de lui, tant par ses exploits que par ses frasques. Club très médiatisé de la capitale, le PSG fait vibrer les foules et ne peut laisser indifférent un fan de football qui se respecte : on aime ou on déteste Paris. Aussi, pour assouvir votre curiosité, www.Passion1970.fr a décidé de vous faire vivre, semaine après semaine, les 38 ans d'histoire de votre club favori. Retrouvez ainsi en sept épisodes l’histoire de ce jeune club qui possède déjà un palmarès que bien d’autres lui envient.



Episode 4: 1978 - 1991: l'ère du Grand Francis

Francis Borelli prend donc le contrôle d'un club blessé par cette retentissante affaire. Il ne le sait pas encore, mais il sera l'un (le ?) des plus grands présidents du PSG toutes époques confondues...

Après avoir terminé comme il le pouvait la saison 1977/1978, il aborde avec ambition cette saison, en recrutant trois joueurs qui marqueront l'histoire du club : Dominique Bathenay, Dominique Baratelli et son « fils spirituel » : Luis Fernandez. Mais cette saison est ternie par la rivalité entre le PFC et le PSG : la mairie privilégiant le premier, en meilleure situation financière, et le public préférant le second... Finalement, le problème sera vite réglé : le PFC est relégué en D2, et le PSG sauvé. Carlos Bianchi, auteur une nouvelle fois d'une saison exceptionnelle (27 buts !), y est pour Beaucoup. Finalement, après deux saisons et 64 buts (un ratio de buts par match inégalable aujourd'hui), il choisit de partir finir sa carrière à Strasbourg. A noter aussi la naissance d'un KOP de supporters qui va faire parler de lui dans le futur : le fameux kop de Boulogne...

La saison achevée, le contrat de Larqué en tant qu'entraîneur du PSG se termine. Il faut alors trouver encore un nouvel entraîneur. Et c'est un come-back inattendu qui se produit : le retour de Velibor Vasovic ! Celui qui avait démissionné deux saisons auparavant revient à Paris avec le même état d'esprit. Il va là encore vite déchanter... Après un début de saison encourageant, Paris ne gagne plus entre la 4ème et 13ème journée de championnat, et connaît la défection de la recrue de l'intersaison : Joao Alves, blessé grièvement. Et il n'y a plus François M'Pelé pour sauver la maison parisienne : il est parti au mercato. Vasovic décide, à la 11ème journée de championnat, de démissionner une nouvelle fois de son poste, ne supportant plus la pression du syndicat des entraîneurs (qui voulait sa tête) et le manque de résultats. Encore une nouvelle péripétie à Paris... Pierre Alonzo et Camille Choquier, deux hommes de la maison, prennent alors l'intérim avant que Georges Peyroche soit officiellement nommé. Finalement, après des périodes fastes et d'autres plus creuses, Paris finit 7ème de la saison 1979-1980, une saison agitée, déjà...

En 1980, l'objectif est clair : l'Europe. Pour que Paris devienne enfin un grand club, il faut augmenter sa puissance financière, et seule l'Europe permet cela. Dominique Rocheteau, le buteur mythique des Verts, rejoint la compagnie des ex-verts venus goûter l'air de la capitale. Un objectif ambitieux, mais malheureusement raté de peu : Paris termine 5ème en championnat, et peut nourrir bien des regrets. En effet, le club de la capitale a eu en cours de saison une nouvelle fois son pêché mignon : une absence de résultats. Généralement, lorsque l'on a un creux en cours de saison, on le regrette à la fin. Car, à la fin, Paris enchaîne les bons résultats : 7 victoires et 4 nuls, dont une victoire face à Saint-Etienne (2-0). Cette série ne permet pas de rattraper les carences de la mi-saison. Cependant, la coupe de France a apporté son lot d'émotions, avec deux matches aller et retour époustouflants en 16ème de finale face à Nantes (défaite 2 – 0 à l’aller, victoire 5 – 3 au Parc au retour). Mais petit à petit, l'oiseau fait son nid : Paris progresse en effet chaque saison qui passe, et cela est prometteur pour la suite. Francis Borelli peut désormais espérer l'Europe dès la saison suivante. Entre temps, le PFC est définitivement enterré, au profit du PSG : une maigre mais symbolique consolation...

Avec Toko, Rocheteau, Dahleb, Bathenay, Fernandez, Baratelli entre autres dans son effectif, Paris ne peut plus passer à côté de l'Europe. Malheureusement, le championnat est à l'instar des précédents exercices : irrégulier. Mais cette fois-ci, c'est en fin de saison que Paris va flancher. Deux raisons majeures à cet échec : un effectif réduit (18 joueurs seulement) et un parcours en coupe de France qui épuise les organismes. Il faut dire que Paris fait un sans-faute dans cette compétition. Après s'être fait très peur en 32ème de finale face à Nîmes (victoire aux tirs aux buts), Paris gagne avec brio face à Marseille. Les autres victimes sont Noeux, Bordeaux et Tours. 15 mai 1982 : une date historique dans l'histoire du Paris Saint-Germain. Celle de son premier titre : la coupe de France face à Saint-Etienne. Le dernier match de Platini avec les Verts. La première fois que Paris est diffusé en direct à la télévision. Un match inoubliable, car gagné aux tirs aux buts et en s'étant fait très peur. Et surtout, le geste de Francis Borelli ancré dans les mémoires : le baiser à la pelouse de « son » jardin : le Parc des Princes. Un Parc envahi par les supporters une fois le dernier tir au but effectué. Une joie immense, qui met Paris, 12 ans après sa création, enfin parmi les européens. Décidément, ce jour-là, pour la première fois, Paris fut magique ! Tout simplement...

Avec ce nouveau statut, le PSG prend désormais une autre dimension. De club respectable, il devient un club important en France. Et Paris, pour la première coupe d'Europe de son histoire, n'a pas fait que de la figuration, même si elle a laissé quand même un goût amer. Le premier match, face à Sofia, s'est conclu sur une défaite (1 – 0). Mais la première au Parc s'est conclue sur une victoire, et très belle, toujours face au club bulgare (5 – 1). Après avoir passé ce premier tour, les parisiens vont affronter le club de Swansea (Angleterre). Deux victoires plus tard, voici les quarts de finale, face à Watershei (Belgique). A priori facile ? Eh bien non, Paris va se faire cruellement éliminer. Après avoir gagné 2 – 0 au Parc au match aller (avec une affluence encore inégalée aujourd'hui de 49 575 spectateurs), Paris va s'enliser en terre belge et perdre 3 – 0, avec notamment une erreur monstre de Baratelli et un penalty refusé à Paris dans les dernières minutes de jeu... Rageant, mais encourageant quand même !
En championnat, Paris continue ses mauvaises habitudes : l'irrégularité. Mais cette irrégularité n'est que lors de la première partie de saison. Car dans la seconde, un joueur arrivé entre temps (après de nombreux problèmes avec sa fédération) va époustoufler tout le monde : un certain Safet Susic... Avant qu'il arrive, Paris était embourbé dans la seconde partie de classement, dès qu'il commence à jouer, Paris remonte pour finalement finir troisième en fin de saison ! Ah, s'il était arrivé plus tôt...
En coupe de France, Paris se doit de défendre son titre. Et c'est ce qu'il va faire : après avoir largement battu Chaumont, Abbeville (non sans difficulté), Strasbourg, Brest et Tours (encore) sont les victimes du PSG. Arrive alors la finale, et une autre date historique dans l'histoire du club : le 11 juin 1983. Paris affronte Nantes, fraîchement sacré Champion de France. Une affiche alléchante au Parc ce jour-là : le champion de France en titre contre le tenant du titre en coupe de France ! On ne pouvait pas beaucoup mieux faire... Tout est fait alors pour un match de gala : des stars, un public survolté, une médiatisation, une belle affiche... Et le match est à la hauteur de l'évènement : inoubliable. Dès l'entrée de jeu, Pascal Zaremba ouvre le score grâce à un coup-franc surpuissant de sa part. Le premier événement d'une finale légendaire. Un peu moins de 20 minutes plus tard, Baronchelli, bien servi par Ayache et grâce à un splendide contrôle mettant la défense parisienne en difficulté, égalise. Juste avant le repos, José Touré marque un but d'une classe plus que mondiale. Après avoir reçu un ballon, Touré contrôle, jongle le ballon du droit et fait un tir enchaîné du gauche qui bat Baratelli. Fabuleux, le public du Parc n'a pas payé sa place pour rien ! Ce but tombe mal, et Paris semble abasourdi. D'autant plus que Bathenay, le capitaine, sort sur blessure à la 50ème minute. Une soirée cauchemar ? Non, car Dahleb et Toko marquent deux buts en fin de match qui offrent un doublé historique à Paris en coupe nationale, et trois baisers cette fois-ci de la part de Francis Borelli envers la pelouse du Parc ! Et une nouvelle place européenne au passage... Quel finish en tout cas !
En conséquence, on peut dire de la saison 1982/1983 qu'elle a marquée l'histoire du club, étant donné le nombre d'évènements qu'il y a eu au cours de celle-ci...

Malheureusement, la suite ne sera pas aussi belle que les deux dernières saisons. Dès la fin de saison 1983, le charismatique entraîneur Peyroche démissionne à la surprise générale. Il ne supportait (déjà) plus la pression liée au club de la capitale… Il avait annoncé sa décision dès la finale de coupe de France, et elle prend effet dès lors. Son remplaçant est Lucien Leduc. C’est avec un nouveau statut que Paris aborde cette saison, et cette équipe est parée pour son objectif principal : le titre de champion. Et à quelques journées de la fin, Paris peut largement viser le titre. Mais le mois voit les chances de titre complètement annihilées par une série de 5 matches sans victoire. Voyant le titre s’échapper, Leduc, fragilisé suite à une élimination au premier tour de la coupe de France, démissionne. Peyroche est alors rappelé d’urgence par le président Borelli, et accepte de revenir. Mais il ne peut rien faire pour rattraper le retard pris, et finalement Paris termine quatrième, bien loin des ambitions de départ. Concernant la coupe d’Europe, le parcours est moins glorieux que l’année précédente : après avoir battu facilement le club irlandais de Glentoran, une montagne se dresse devant les parisiens, la Juventus de Turin. Malgré de nombreux efforts et avec une motivation sans faille, Paris n’a rien pu faire face à une équipe composée de cinq champions du monde en titre et d’un triple ballon d’Or, en l’occurrence Michel Platini. Comme quoi, David ne triomphe pas tout le temps de Goliath…

C’est avec une immense déception que Paris attaque cette saison 1984/1985. Sans Mustapha Dahleb, qui, après 10 ans passés au club, a choisi de partir à Nice. Et apparemment, son spectre flotte toujours au Parc des Princes et dans les autres stades de France et d’Europe. Car cette saison sera tout simplement longue et pénible. Déjà, le PSG a dû attendre la 6ème journée pour remporter sa première victoire. Après de nombreuses péripéties et une belle série de matches sans défaite, Paris est quatrième vers le milieu de saison, et peut, s’il continue comme cela, espérer mieux. Mais le club de la capitale va s’écrouler. En seconde partie de saison, Paris est quasiment incapable de gagner, et se prend même des corrections. Résultat : 13ème. Un résultat catastrophique pour une équipe pourtant ambitieuse. Le limogeage de Georges Peyroche en mars 1985 n’a pas eu l’effet escompté. Même en coupe d’Europe, le PSG est hors sujet. Après un premier tour réussi face au club écossais de Heart Of Midlothian, le club de la capitale se fait humilier au Parc des Princes, en perdant 4 – 2 face au club de … Videoton (Hongrie), en étant même mené 4 – 0 pendant la partie ! Le match retour se clôt sur une nouvelle défaite (1 – 0). Éliminés de la coupe et dépassés en championnat, il ne reste que la coupe nationale pour consoler les parisiens. Et Paris arrive en finale, après un parcours semé d’embûches. Le PSG a donc une occasion en or pour sauver une saison ratée. L’adversaire en finale est Monaco, une des équipes les plus régulières de ces dernières saisons. Un but de Genghini à la 14ème minute met vite fin aux espoirs parisiens, qui n’ont jamais pu réagir, peut-être éreintés par cette saison pénible. Vite, vivement la prochaine…

Et comme un symbole, la saison 1985/1986 va être l'exacte inverse de la précédente. Ne voulant pas rééditer une saison indigne comme celle 1984/1985, Francis Borelli décide de recruter un nouveau gardien, un certain Joël Bats, alors gardien en titre de l'Equipe de France. Puis il décide aussi de changer d'entraîneur, en embauchant Gérard Houllier, un choix très surprenant, puisqu'il n'a jamais été joueur professionnel ! Peut-être est-ce dû aussi à des raisons économiques, puisque Paris a énormément recruté cette année-là (Da Fonseca, Sène...). En tout cas, avec l'apport des anciens comme Fernandez et Susic, la mayonnaise va vite prendre. A tel point que Paris va réaliser un record qui ne sera battu que des années plus tard : 26 matches sans défaite en championnat ! Une série annihilée par Lille, suite à un match rejoué qui a fait parler à l'époque. Mais qu'importe, cette année là, le PSG fait rêver : cette équipe s'entend tellement bien sur et en dehors du terrain qu'elle réalise des miracles. Et cela paye forcément : elle devient championne de France pour la première fois de son histoire, non sans avoir eu quelques frayeurs en fin de saison ! Et elle manque même de peu un doublé qui aurait été historique : en coupe nationale, le Paris Saint-Germain bute en demi-finale face à Bordeaux, le futur vainqueur de la compétition. Conséquence de tout ces victoires : le PSG jouera la saison prochaine et pour la première fois de son histoire dans la Coupe des Champions, aujourd'hui appelée Ligue des Champions et surnommée Coupe aux grandes oreilles... Et avec l'argent accumulé durant cette saison, les caisses sont assainies et le budget recrutement est augmenté en conséquence ! De quoi faire languir les amoureux du club parisien, qui voient que les efforts de Borelli commencent à payer.

Mais c'est bien connu, dans le sport en général et particulièrement dans le football : le plus dur, c'est de confirmer. Paris ne va pas le faire malheureusement, et va gâcher tous . Et pourtant, le recrutement a de quoi rendre pâle de jalousie plus d'un club : Halilhodzic, Xuéreb, Bocandé et Ayache entre autres. Les trois premiers ont été sacrés meilleur buteur lors des précédents exercices, le quatrième sort d'une coupe du monde où il a fini troisième. Autant dire, du lourd ! Mais c'est bien connu là aussi : une pléiade d'individualités ne font pas une équipe. D'autant plus que la saison commence sans Luis Fernandez, l'un des héros de l'année précédente (il avait été désigné meilleur joueur français de l'année par France Football) : le « fils spirituel » de Borelli, las d'être « exploité » par son « père », a décidé de quitter son club sur une bonne note pour filer chez l'ennemi : le Matra Racing, club de Jean-Luc Lagardère, qui a pour objectif de concurrencer le PSG. Malgré un bon début de saison, Paris va inexplicablement perdre face à ... Vitkovice, en Coupe des Champions ! Pour une première, quelle première : le club tchécoslovaque va réussir l'exploit d'éliminer Paris dès les 16ème de finale (2 – 2, 1 – 0) ! Peut-être est-ce dû au fameux « jamais deux sans trois », après Watershei et Videoton ? En tout cas, cette défaite va entraîner d'autres, beaucoup même : 5 en deux mois. Même si dans certains matches, Paris va briller, le club francilien est trop irrégulier pour espérer quoi que ce soit pour cette saison. D'autant plus qu'en Coupe de France, le PSG est éliminé par Strasbourg dès les 16ème de finale. Bref, alors que cette saison pouvait être inoubliable, elle a été un beau gâchis...

Et cela ne va pas s'arranger la saison suivante. Inexorablement, le PSG s'enfonce et devient une équipe banale du championnat. Et pourtant, bien paradoxalement, les finances du club sont au beau fixe : la mairie de Paris a décidé d'augmenter sa subvention allouée au club parisien (au détriment du Matra Racing). Ce qui a pour conséquence directe l'arrivée de deux nouveaux joueurs de calibre international : Ray Wilkins et Ramon Calderon. Mais rien à faire : des très nombreuses individualités ne font pas une équipe. Malgré un début de saison correcte, Paris va tout au long de la saison enchaîner les séries de défaites, et se retrouve, à la fin des matches aller, 18ème au classement ! Une situation qui a des répercussions sur l'ensemble du groupe : la méthode Houllier ne marche plus. Un changement d'entraîneur pourrait peut-être créer un choc psychologique, mais le problème est d'ordre financier : un licenciement coûterait trop cher... Mais la surprise va venir du coach lui même : en novembre 1987, Houllier annonce qu'il « prend du recul » avec le club francilien. Erick Monbaerts prend alors les rênes, secondé par Houllier. Une solution qui arrange tout le monde. Les résultats ne suivent toujours pas, et à quelques journées de la fin du championnat, Paris est plus que jamais menacé par une relégation qui aurait des conséquences très graves : si jamais le club de la capitale descend, d'une part il pourrait disparaître pour des problèmes financiers et d'autre part il laisserait le champ libre au Matra Racing, qui prendrait la « tête » des clubs franciliens. Mais comme le dit si bien la devise de Paris : Fluctuat Nec Mergitur. L'orgueil parisien va frapper : en réalisant une série de trois victoires d'affilée dans les dernières journées, le PSG arrive à se sauver in extremis ! La dixième année de présidence de Francis Borelli aurait très bien pu être la dernière, tant Paris a souffert tout au long de la saison. De quoi laisser perplexe : la saison 1985/1986 semble déjà dater d'une éternité...

Dès la saison suivante, Gérard Houllier décide de quitter le club. Et c'est Tomislav Ivic, un entraîneur « spécialisé dans les situations désespérées », qui est choisi pour le remplacer. Quasiment inconnu en France, il a pourtant un CV très bien fourni : après une carrière de joueur passée en grande majorité à Split, il est devenu un entraîneur aux méthodes de travail « agressives ». Avec lui, la rigueur est de mise, et sa devise est de gagner, quelle que soit la méthode. Ainsi, le beau jeu va disparaître au PSG. Et cela marche : malgré un effectif quasiment inchangé par rapport à la saison précédente, le Paris Saint-Germain remporte beaucoup de matches, et se retrouve très vite leader du championnat. Cela va se passer tout au long de celle-ci, et avec des périodes de moins bien, Paris va faire du yo-yo. Mais à quatre journées de la fin, le club de la capitale est premier et peut clairement voir le titre. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que celle-ci va être ternie par un homme, que tous les supporters parisiens détestent encore aujourd'hui : Bernard Tapie. Le 05 mai 1989 a lieu un match à enjeu crucial pour le titre : OM – PSG. Et pour faire monter la pression, le président de Marseille aurait (car cela n'a jamais été prouvé, même si des témoignages ont été avancés) formulé des offres de contrat mirobolantes à Xuereb, Susic et Ivic, rien que ça ! Des offres bidons bien sûr, mais cela est assez pour perturber la bonne marche du club parisien. Le PSG va donc au Vélodrome en n'étant pas à 100 %, d'autant plus qu'aucun supporter parisien n'a été convié pour cette rencontre. C'est dans un climat de tension que Paris a perdu ce match, dans les arrêts de jeu de la seconde période, et après un « immanquable » effectué par Simba ! Même si après ce match, Paris reste au contact de Marseille, les provocations dans la presse entre Borelli et Tapie, arbitrées par Jean-Pierre Papin ont affecté psychologiquement les parisiens. Et que dire alors de l'avant-dernier match de championnat, qui est un véritable scandale ! Alors que le PSG n'a pas encore perdu toutes ses chances de gagner le titre, le club parisien se déplace à Lens, le dernier du championnat, qui est aussi une équipe reléguée depuis longtemps (tant les défaites se sont accumulées tout au long de la saison) et qui n'a rien effectué de bon. Mais bizarrement, ce jour là, les lensois sont absolument déchaînés. Ils se battent comme des morts de faim, comme ils ne l'ont jamais fait pendant cette saison, pour finalement arracher un match nul. Les raisons de ce changement de comportement ? Il y en a deux. La première est le fait que Tapie a officiellement annoncé son envie de voir venir Susic à l'OM, quelques jours avant le match face à Lens. Après les rumeurs envoyant Ivic à Marseille, cela fait beaucoup. Et finalement, Susic est écarté du match, pour des raisons bien bizarres, mais sûrement liées à cette annonce... La seconde est encore plus perverse : Tapie a promis une prime à chaque joueur lensois si jamais ils amenaient un résultat face à Paris ! Et bien sûr, une carotte financière, ça motive... A la fin de la saison, alors que Paris aurait dû avoir le titre de champion, Marseille est finalement arrivé en tête grâce à la « méthode Tapie ». Une méthode répugnante, mais efficace, qui connaîtra une fin que l'on connaît tous avec l'affaire VA – OM. Mais à partir de cette saison 1988/1989, les rapports entre Paris et Marseille seront nettement plus tendus. La guerre des médias entre Tapie et Borelli a créé un conflit monté de toutes pièces, bien aidé par le fait que ces deux clubs étaient en tête du classement à l'époque et que l'un représente le nord et l'autre le sud. Ce sont aussi les deux plus grandes villes de France qui se sont livrées à une « guerre » sans merci. Bref, c'est le premier épisode du « classico », qui existe encore aujourd'hui et qui ne s'arrêtera que quand le football n'existera plus... A noter aussi l'humiliation subie par le PSG en huitième de finale de Coupe de France : un 4 – 0 pris au Parc des Princes !

La saison suivante est synonyme de retour en Europe pour le PSG. Et avec un effectif renforcé par Yvon Le Roux (défenseur rugueux et international français), Zlatko Vujovic (le deuxième meilleur buteur du précédent exercice) et Daniel Bravo, ajouté aux autres joueurs déjà présents, Paris a de quoi envisager une saison époustouflante. Mais hélas, cela ne va pas être le cas. Et pourtant, tout avait bien commencé : dès la fin du mois d'août, Paris est deuxième au classement. Cependant, la « méthode Ivic » va avoir une conséquence plus qu'inattendue : la fuite du public. Dans un contexte de médiatisation de plus en plus accrue du football, le PSG, club de la capitale et donc « sensé » représenter le football français et son jeu au plus haut niveau, ennuie. Et cela se voit grâce aux scores étriqués : trois victoires 2 – 1 face à Montpellier, Saint-Etienne et Lille, deux 1 – 0 face à Metz et Brest comme exemples. Il faut dire qu'Ivic insiste en priorité sur la rigueur défensive pour mieux marquer ensuite en contre-attaque, le spectacle, c'est secondaire... Et le public n'aime pas ça ! Plus la saison avance, et plus le public déserte : cette saison est sûrement, sans compter celles effectuées dans les années 1970, celle où l'affluence moyenne a été la plus faible... Et qui dit moins de fréquentation, dit moins d'argent dans les caisses. Déjà que le déficit du PSG n'était qu'un secret de Polichinelle, celui-ci s'avère plus élevé que prévu. Si Paris ne gagne pas un titre rapidement, cela pourrait être dramatique pour lui. Malheureusement, ce ne sera pas cette année-là. Car une série de défaites annihile les espoirs de titre national des parisiens. Malgré un bon retour, le club de la capitale n'arrive même pas à être européen en fin de saison... L'Europe, parlons-en aussi : cette année, le Paris Saint-Germain jouait la Coupe de l'UEFA. Après avoir facilement battu le modeste club de Lahti, le club de la capitale se retrouve dès les seizièmes de finale face à un cador : la Juventus de Turin. De Turin, Paris ne garde pas un bon souvenir : la Vieille Dame l'avait déjà éliminé cinq ans auparavant. Et l'histoire va se répéter : défaits 1 – 0 à domicile, Paris s'incline en Italie, Bravo ayant quand même réussi à sauver l' honneur des parisiens. Quant à la Coupe de France, n'en parlons pas : Paris est éliminé au premier tour par Valenciennes. Le syndrome de 1986/1987 semble être revenu : le PSG semble incapable d'enchaîner deux bonnes saisons d'affilée. Sauf que là, le contexte économique est très grave : le déficit du club est arrivé à un point tel que la mairie de Paris, qui d'habitude « bouchait le trou », commence à avoir beaucoup de réticences. Avec tous ces problèmes, le constat est clair : Paris coule en silence, et Francis Borelli doit tout donner pour que ça change.

Et dès le début de sa treizième saison en tant que président, Borelli dit au revoir à Ivic et à son jeu rigide pour accueillir Henri Michel. L'ancien sélectionneur de l'Equipe de France accepte de prendre les rênes d'un club parisien en pleine déliquescence. Alléchant sur le papier, il s'avérera (mais ces deux-là ne peuvent pas encore le savoir) que cette saison ne sera qu'une année de transition avant l'arrivée de Canal +. En effet, malgré un bon début, Paris va vite retomber dans ses travers et enchaîner les résultats en demi-teinte. En coulisses, cela énerve, car ce n'est pas encore cette année que Paris pourra gagner un titre et se faire respecter. A la trêve, le club parisien est dans le milieu du classement. Et là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase : excédée de voir le PSG couler petit à petit, excédée aussi de devoir combler des dettes n'arrêtant pas de s'accumuler, la mairie de Paris charge Bernard Brochand, un des dirigeants historiques du PSG, de trouver une solution pour à la fois enrayer ce problème et faire du club parisien une entreprise rentable. Mission quasi impossible, qu'il accepte cependant, car il est à la fois un grand ami du maire de Paris, Jacques Chirac, et un amoureux du club parisien. Dans un document d'une trentaine de pages, il a expliqué qu'il voulait faire du PSG une entreprise de communication, parfaitement intégrée au contexte économique de l'époque. Et surtout, il faut le gérer de façon « moderne », non pas « à l'ancienne » comme l'a si bien fait Borelli. Ce document restera appelé dans l'histoire du club comme « Le Grand Projet », ou comment transformer un club menacé en un club populaire et titré. Comme le club est fauché, il faut un partenaire financier solide acceptant de prendre un tel risque. Brochand se tourne tout de suite vers Canal +, qui répond parfaitement aux critères : ayant les droits exclusifs du foot français à la télé, une exposition médiatique sans précédent (normal, car c'est une chaîne de télé) et n'arrêtant pas d'avoir de plus en plus d'abonnés (donc solide financièrement). Un partenariat entre le PSG et Canal + serait alors idéal. Les dirigeants de la chaîne cryptée sont d'abord réticents, puisqu'ils ont a priori plus à perdre qu'à gagner. D'autant plus que d'autres candidats sont aussi sondés : Jean-Luc Lagardère (dont l'aventure Matra Racing a tourné court), TF1, le sponsor historique RTL, et même Silvio Berlusconi ! Mais « heureusement » pour le PSG, le siège social de Canal est à Paris et de nombreux passionnés du club parisien sont dans son effectif. Finalement, après d'âpres négociations, Canal + accepte de s'engager. Le 31 mai 1991, la chaîne cryptée prend « presque » le pouvoir : l'association PSG reste encore majoritaire dans le capital du club, mais elle devra céder plus tard ses parts pour que Canal ait le contrôle total. La Mairie, quant à elle, efface l'ardoise laissée par Borelli depuis des années. Ce même Borelli, devant de tels changements, est « obligé » de s'effacer. Mais alors qu'il aurait dû être énervé d'être remercié de la sorte après toutes ces années passées à défendre de toute son énergie « son » club, lui reste digne et se retire dans la plus grande discrétion, en donnant juste un communiqué souhaitant bonne chance aux nouveaux dirigeants du club. Sobre, sans rancune : à l'image de l'homme qu'il est.

Canal + au pouvoir, c'est donc la fin de l'ère Borelli. Le « Grand Francis » comme on le surnommera plus tard aura vu sous son règne le PSG grandir, gagner ses premiers titres et écrire des belles pages de son histoire. Certes la fin aura été chaotique, mais des années après, les vrais supporters du Paris Saint-Germain ne remercieront jamais assez celui qui a permis à des joueurs comme Susic, Fernandez, Bats, Baratelli, Pilorget, Rocheteau, Bathenay, Dahleb, Lemoult, Tanasi, Toko, etc, etc, d'avoir marqué, chacun à sa manière, l'histoire du club. On retiendra surtout de lui un président passionné, qui aurait tout donné pour voir son club gagner. D'ailleurs, l'image de son baiser au Parc lors de la première victoire en Coupe de France en 1982 reste encore aujourd'hui très marquante. Ce président aura juste eu un tort : ne pas s'être adapté au football moderne, qui devenait un business à part dès la fin des années 1980. Comment peut-on lui en vouloir cependant, à lui qui n'avait jamais connu cela à l'époque ? Il est décédé depuis, mais la tribune officielle du Parc des Princes porte aujourd'hui son nom, preuve que cet homme restera à jamais éternel. Et c'est mérité ! Encore merci pour tout M. Borelli, et reposez en paix, vous l'avez vraiment mérité !