L'histoire du PSG



Depuis 1970, année de sa création, le Paris Saint-Germain fait parler de lui, tant par ses exploits que par ses frasques. Club très médiatisé de la capitale, le PSG fait vibrer les foules et ne peut laisser indifférent un fan de football qui se respecte : on aime ou on déteste Paris. Aussi, pour assouvir votre curiosité, www.Passion1970.fr a décidé de vous faire vivre, semaine après semaine, les 38 ans d'histoire de votre club favori. Retrouvez ainsi en sept épisodes l’histoire de ce jeune club qui possède déjà un palmarès que bien d’autres lui envient.



Episode 5: 1991 - 1998: L'âge d'Or

Dès son arrivée au sein du capital parisien, la première décision de Canal + est de tout changer dans le PSG pour repartir sur de nouvelles bases ! Ainsi, le PSG devient une SAOS (Société anonyme à objet sportif), Artur Jorge remplace Henri Michel au poste d'entraîneur et un président « surprise » est nommé : Michel Denisot. Jusqu'alors commentateur, il a cependant l'avantage d'être à la chaîne cryptée depuis sa création en 1984. Il est aussi passionné de football et est donc le seul homme capable de relever ce défi selon le président de l'époque, André Rousselet. Denisot devient donc le président délégué du club parisien. Associé avec Jorge, ils vont faire le grand ménage dans l'effectif parisien. Des 24 joueurs présents lors de la dernière saison de Francis Borelli au club, 11 seulement vont « survivre » : Bats, Bravo, Kombouaré, Llacer, Nouma, Perez, Rinçon, Sandjak, Sène, Simba et Vasseur. Exit donc Angloma, Bibard, Tanasi et autre Susic ! La cassure est donc nette : des joueurs symboliques comme Safet Susic sont priés de partir pour laisser place à une nouvelle génération. De nombreux joueurs arrivent donc dans un club de la capitale redevenu ambitieux. Ceux-ci s'appellent Fournier, Ginola, Le Guen, Ricardo, Valdo entre autres. Ce qu'ils ne peuvent pas savoir à l'époque, c'est qu'ils marqueront à jamais, avec d'autres plus tard, l'histoire du PSG dans une période que l'on peut facilement appeler l'âge d'or, tant les victoires et les matches inoubliables vont jalonner celle-ci...

Cela commence par la saison 1991/1992, qui se veut être une saison charnière pour une belle histoire. Et celle-ci commence très bien : malgré une série de matches nuls lors des premières journées, le PSG enchaîne les bons résultats et n'enregistre sa première défaite que lors de la 13ème journée (3 – 2 face à Toulon). Depuis bien longtemps, le club n'avait pas réalisé une si belle entame. Le premier pari de Canal est réussi : le public revient de plus en plus nombreux dans le Parc. Et cela se voit dans les tribunes, où les Lutèce Falco et les Supras Auteuil, deux associations de supporters, sont créées avec l'appui du club. Le jeu proposé par les parisiens n'est cependant pas très beau à voir : Jorge a dû être formé dans la même école qu'Ivic... Mais Paris, privé du goût de la victoire depuis des années, ne s'en plaint pas. Les résultats sont certes en dents de scie, mais le PSG est régulièrement dans le haut du classement, loin derrière Marseille qui domine outrageusement les débats. Finalement, le deuxième pari de la chaîne cryptée sera réussi : à la fin de la saison, le club parisien termine troisième, derrière Monaco et Marseille. Ce qui a pour conséquence une qualification pour la coupe de l'UEFA, un an après l'arrivée de Canal + ! Tous les différents acteurs sont ravis de cet état de fait : les finances rétablies, la qualification européenne acquise, des joueurs montant en puissance et un budget revu à la hausse ; tous les ingrédients sont là pour vivre une saison 1992/1993 remplie d'émotions. L'élimination en coupe nationale dès les 16ème de finale est même passée inaperçue, alors que cela aurait été un drame national lors des dernières années...

Pour le retour en coupe d'Europe, le PSG ne veut pas faire de la figuration et compte bien même créer la surprise. Ainsi, Canal + sort encore son chéquier et renforce très nettement l'effectif : Sassus, Lama, Roche et Guérin sont recrutés, sans oublier un certain George Weah. D'autres joueurs qui là encore vont marquer l'histoire du club. Avec un tel effectif, Paris peut très clairement nourrir des ambitions. Et très vite, le PSG devient leader derrière ... Marseille. Un club qui va être définitivement l'ennemi numéro 1 du club le 18 décembre 1992, lorsque, suite à un nouveau match houleux entre ces deux équipes, le club parisien perd bizarrement 1 – 0. Paris a alors compris : il y a Marseille et les autres, et seule la deuxième place sera possible cette année. Concernant la Coupe d'Europe, Paris se débrouille très bien : après avoir facilement remporté son 32ème de finale face à Salonique (dont le match retour fut arrêté au bout de 45 minutes pour cause de panne d'électricité), Paris gagne son ticket pour les 8èmes de finale en battant Naples à l'extérieur. En revanche, que ce fut dur face à Anderlecht ! Après avoir concédé le nul à domicile, Paris a très vite été mené au match retour. Mais un coup de tête ravageur d'Antoine Kombouaré peu après la deuxième demi-heure libère les siens et les qualifie pour les quarts de finale. Un quart joué face au prestigieux Real de Madrid, un rêve que n'espérait pas obtenir Canal + en aussi peu de temps ! Alors que tout le monde pensait que ce serait deux matches de gala pour Paris, personne n'aurait misé de l'argent sur peut-être le plus beau match de toute l'histoire parisienne. Le PSG a perdu son match aller, en jouant pourtant parfaitement. Mais dominer n'est pas gagner : malgré un Ginola des grands soirs (ce qui lui a valu son surnom d'El Magnifico), Paris se fait piéger à trois reprises. Le Real Madrid arrive donc confiant à Paris, pensant que le plus dur était fait. Le club espagnol ne pouvait pas deviner le scénario du match retour, qu'on ne peut pas inventer. A la mi-temps, grâce à un but de Weah, Paris mène mais n'est toujours pas qualifié. Et à 10 minutes de la fin, rien ne change. Quand tout d'un coup, « El Magnifico » Ginola, d'une superbe reprise de volée du gauche, fusille le portier madrilène et qualifie pour le moment les siens ! Déchaînés, les parisiens mettent même un troisième but, marqué par Valdo ! Le Parc est en ébullition donc, quand arrive un coup franc pour Madrid. Et suite à une erreur défensive de Kombouaré, Zamorano marque et met les deux équipes à égalité... Lors de la cinquième minute d'arrêts de jeu ! De quoi donc miner le moral des parisiens, qui vont sûrement s'écrouler en prolongation. Mais dans leur malheur, M. Puhl, l'arbitre du match, ne semble pas pressé de siffler la fin de celui-ci. Et profitant de son absence, Ginola obtient un dernier coup franc. Valdo le tire dans l'axe ... et c'est la folie pure ! Kombouaré, qui était fautif sur le but de Madrid, met une nouvelle fois un coup de tête dont il a le secret et marque le but qui qualifie le PSG ! 4 – 1, un score exceptionnel qu'un club français n'est pas prêt de rééditer face au Real... Et comme face à Anderlecht, Antoine Kombouaré a qualifié les siens. On lui donne alors le surnom de « Casque d'Or »... Paris est donc en demi-finale, et tombe face à la Juventus de Turin. Et là encore, la « bête noire » va frapper, comme en 1983 et 1989. Le club italien gagne en effet deux fois et élimine donc le PSG, qui a vraiment étonné son monde. Force est donc de constater que Canal + commence déjà à marquer les esprits : la chaîne cryptée a permis de réaliser en deux ans ce que n'a jamais pu faire Francis Borelli en treize... Et les compétitions nationales dans tout ça ? Et bien Paris finira finalement second du championnat, derrière Marseille. Un titre qui sera retiré au club phocéen, suite à une certaine affaire OM – VA. Du fric sale, de la corruption, de la tricherie... A en vomir. Le PSG n'obtiendra pas le titre, la Ligue ayant préféré le retirer que le donner au deuxième du championnat. N'oublions pas la Coupe de France, que Paris va tout simplement remporter, en se permettant même le luxe de gagner tous les matches ! La liste des victimes : Strasbourg, Annecy, Monaco, Bordeaux, Laval et Nantes. Le FCNA a même fini la rencontre à neuf... En résumé : une coupe de France emportée haut la main, une campagne européenne extraordinaire et un championnat qui aurait pu être pour le PSG si Tapie n'avait pas été le président. Voici donc une deuxième saison de Canal + qui restera à jamais dans toutes les mémoires des supporters parisiens...

1993/1994 marque l'arrivée au club d'une véritable star brésilienne. Une idole même dans son ancien club : Sao Paulo. Cette star, c'est Raimundo Vieira Souza de Oliveira, alias Raï. Pas très connu en France, il est pourtant un international brésilien confirmé. Autant dire une recrue de choix ! Mais très vite, ce dernier va être décrié par tout le monde. Et pourtant, dès son premier match, il marque le seul but face à Montpellier. Des débuts prometteurs, mais Raï va avoir du mal à s'intégrer au sein du collectif parisien. D'autres joueurs, comme Ginola ou Valdo, ont un rendement nettement meilleur que lui. Et cela va se voir tout au long de la saison, qui sera elle aussi inoubliable. Malgré des débuts difficiles, le PSG, notamment grâce à un David Ginola exceptionnel de régularité, va tout bonnement et simplement remporter le championnat de France, pour la deuxième fois de son histoire ! Et grâce à une saison réussie à tous points du point de vue. Car en coulisses, le PSG version Canal + est victime des médias. Déjà à cause de la rivalité avec Marseille, puis à cause d'un match face à Caen qui a failli déborder en guerre civile, ensuite par le maillot de l'année (véritablement affreux et débordant de publicité) et enfin à cause du sentiment de jalousie régnant dans les médias en raison des résultats du club parisien. Car du côté du championnat, le PSG est arrivé à égaler le record de 1985/1986, soit 27 matches consécutifs sans défaite. A croire qu'il faut que le PSG soit invaincu pour gagner un titre ! Concernant les autres compétitions, le PSG n'est pas en reste. Après avoir expédié vite fait bien fait ses deux premiers adversaires en Coupe des Coupes (Cracovie et Nicosie), le club de la capitale retrouve en quart de finale une vieille connaissance : le Real Madrid. Paris réalisera-t-il deux fois d'affilée l'exploit de battre le club espagnol ? Et bien oui ! D'abord en gagnant à l'extérieur grâce à Weah (ce qui est un record aujourd'hui, puisque mis à part ce match, aucun club français n'a réussi à battre le Real sur ses terres) puis en limitant les dégâts au Parc (match nul 1 – 1). Paris se retrouve donc en demi-finale face à Arsenal, mais là encore il n'arrivera pas à passer ce stade. A cause d'un joueur : le « diable » Ian Wright... Du côté de la Coupe nationale, cette saison marque lui aussi un record encore aujourd'hui inégalé. En effet, en affrontant Côte-Chaude (modeste club situé tout près de Saint-Etienne), le PSG ne fait pas de cadeaux et bat cette équipe par un score de 10 buts à 0 ! Malheureusement, Paris ne fera pas le nouvel exploit de gagner deux fois de suite la Coupe de France, car il se fait éliminer en quart de finale face à Lens. Mais qu'importe, le PSG réalise là une nouvelle saison incroyable : champion de France avec des statistiques incroyables (27 matches sans défaite, meilleure défense, deuxième meilleure attaque entre autres) et demi-finaliste de la Coupe d'Europe ! De quoi voir l'avenir avec encore plus de sérénité...

La saison suivante est dans la continuité. Et selon la plupart des supporters chevronnés, le cru 1994/1995 est le plus beau de l'histoire du club. Peut-être est-ce dû au nombre de matches joués durant celle-ci : 60 matches officiels, un record qui est encore invaincu aujourd'hui. La saison commence par une arrivée de taille : celle de Luis Fernandez. L'ancien protégé de Francis Borelli obtient à 35 ans à peine le poste convoité de coach du PSG, qui plus est « son » club. Un statut difficile pour lui, car certaines personnes à son âge jouent encore en professionnel et de plus, il a fréquenté certains joueurs lorsqu'il était joueur, comme David Ginola. Cette année-là, Paris va réaliser une très grosse saison, marquée par des matches mémorables et le retour en grâce d'un joueur : Raï. Le brésilien revenait d'une saison noire où, malgré un titre de champion du monde et de France, il avait perdu son capitanat dans sa sélection et avait peu marqué les esprits, lui qui était si emblématique lorsqu'il était à Sao Paulo. Fernandez va décider de lui donner une seconde chance, qu'il va saisir. C'est entre autres lui qui permet à son club de se qualifier pour la demi-finale de la Ligue des Champions lors d'un match inoubliable face à Barcelone, le 15 mars 1995. Lors de cette saison, tous les sentiments seront de rigueur. La joie avec une troisième place en championnat, une campagne de Ligue des Champions réussie et surtout un doublé en Coupes nationales. En effet, le PSG remporte cette année à la fois la Coupe de France et la toute première édition de la Coupe de la Ligue, un nouveau record de plus à mettre dans le palmarès parisien. La tristesse lorsqu'à la fin de la saison, une page se tourne : Kombouaré, Weah et Ginola entre autres quittent le club. Et aussi la honte, quand les supporters parisiens, qui ont décidément la mémoire courte, remercient George Weah par des banderoles scandaleuses et affligeantes, comme « Weah, on n'a pas besoin de toi », accompagnées par des signes nazis et racistes. Une véritable honte lorsque l'on regarde tout ce qu'a fait Weah pour le club en trois saisons. Mais ces supporters l'ont accusé d'avoir volontairement déjoué lors de la demi-finale face à Milan, car on savait déjà quasiment officiellement que son prochain club serait ... le Milan AC. Bêtise, quand tu nous tiens... C'est donc dans un contexte tendu que se termine cette saison une nouvelle fois inoubliable, à mettre au profit de Canal +. Décidément, malgré des résultats au beau fixe, Paris n'est pas un club comme les autres...

1995/1996 marque donc un premier tournant dans l'ère Canal +. Avec une équipe remaniée, il est difficile de dire si le PSG va confirmer la vague de bons résultats obtenus durant ces dernières années. La réponse, le terrain va l'apporter : elle est positive ! L'arrivée de joueurs comme Djorkaeff ou Loko, sans oublier le retour de Fournier, va faire oublier tous les cadres partis pendant l'été. La saison commence très bien : le club de la capitale est parti sur d'excellentes bases, en s'installant dès les premières journées en tête du championnat. Cependant, Patrice Loko va faire parler de lui dès son arrivée à Paris. Fragile psychologiquement suite à la perte tragique de son enfant deux ans et demi auparavant, Loko a craqué nerveusement après une sortie en boîte de nuit. Mêlé à une bagarre, il finit sa nuit en garde à vue. L'affaire fit grand bruit à l'époque. Malgré cet incident, cela n'empêche le PSG d'être premier sur tous les tableaux à la trêve. Seule une élimination au premier Tour de la Coupe de la Ligue est à recenser : le tenant du titre éliminé d'entrée, qui plus est contre Guingamp, cela fait un peu tâche. Cette trêve, Paris va la subir de plein fouet. Alors en pleine bourre, Luis Fernandez prend l'initiative d'organiser un stage que certains joueurs ont jugé inutile. D'une durée de trois jours en fin d'année, celui-ci a marqué une cassure nette entre Fernandez et certains joueurs. Par un froid glacial, les joueurs n'ont pas pu s'entraîner correctement. A la reprise, les résultats sont à la baisse. Paris finira finalement la saison à la troisième place, alors que le club comptait jusqu'à 6 points d'avance à un moment donné sur son premier concurrent. Éliminé en Coupe de France aussi, il ne reste plus que la Coupe d'Europe pour ne pas voir le PSG être privé d'un titre depuis quatre ans. Après avoir éliminé Molde et le Celtic Glasgow, Paris rencontre en quart de finale Parme, pour ce que bon nombre de spécialistes avaient décrit comme une finale avant l'heure. Pour le premier match, à l'extérieur, Paris a perdu 1 – 0, un score pas insurmontable mais difficile à remonter. Le 21 mars 1996 rappelle un match historique pour le club parisien, puisqu'en gagnant 3 – 1 au Parc grâce à un Raï exceptionnel, Paris se qualifie pour la quatrième année consécutive en demi-finale d'une compétition européenne. La demi-finale est gagnée face à La Corogne, et c'est lors d'un jour de fête, un certain 8 mai 1996, que le PSG va écrire sa plus belle page. A Bruxelles, le club de la capitale affrontait le surprenant Rapid de Vienne, qu'on n'attendait pas à un tel niveau dans la compétition. Malgré un début de match marqué par la blessure de Raï, Bruno N'Gotty va marquer un but historique sur un coup franc lointain détourné. Une longue heure de jeu plus tard, Paris gagne la seule Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe française, puisque cette compétition n'existe plus à l'heure actuelle ! Les jours suivants furent alors complètement fous : défilé sur les Champs Elysées, décoration par Jacques Chirac pour chacun des joueurs, émotion de Michel Denisot... Cette année là, malgré une baisse de régime en fin de saison, Paris fut tout simplement magique !

Luis Fernandez, décrié par la plupart du personnel du club, part au début de la saison 1996/1997 sur un succès historique : il est devenu le premier entraîneur français vainqueur d'une Coupe d'Europe. Et il est encore le seul à l'heure actuelle, c'est dire l'exploit réalisé cette année-là ! Et pour le remplacer, Canal + décide là encore de faire appel à des glorieux anciens de la maison rouge et bleue, qui ont été joueurs à succès avec le PSG : Joël Bats et Ricardo Gomes. Le premier a été l'un des plus grands gardiens de but de l'histoire du club et entraînait jusqu'alors les gardiens. Le second a quant à lui été le défenseur rugueux que l'on connaît. Signe particulier : c'est sa première expérience en tant qu'entraîneur, lui qui était joueur du club parisien en 1995 ! Côté transferts, Youri Djorkaeff, un des principaux artisans des victoires parisiennes la saison précédente, part en Italie, à l'Inter Milan. Il est remplacé par un ami de Raï, Leonardo, qui évoluait alors au Japon. Raï, qui a connu ce joueur lorsqu'il jouait à Sao Paulo, a sûrement contribué à faire venir ce joueur relativement inconnu, même s'il a été lui aussi champion du Monde en 1994. Et les supporters du PSG ne vont pas regretter ce choix. Cette année là, Leonardo forme avec Raï l'un des plus grands duos de toute l'histoire parisienne. S'entendant à merveille, les compères vont faire des miracles. Mais une équipe n'est pas composée de deux joueurs, et Paris va encore une fois craquer lors de la deuxième partie de saison. Régulièrement premier au championnat, Monaco va cependant revenir à cause d'une fin de saison où les héros parisiens sont encore fatigués. Paris est passé par toutes les émotions cette année-là : de la joie des victoires à la honte. La honte est représentée par les deux défaites concédées face à la bête noire européenne parisienne, la Juventus Turin, dont une fut mémorable : une défaite 6 – 1 à domicile dans un froid polaire ! Ce qui a valu les moqueries et a fait perdre à Bernard Lama son brassard de capitaine... Malgré cela, le PSG est arrivé cette année-là en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe pour la deuxième année consécutive, après des matches mémorables : une victoire 4 – 0 face à Galatasaray alors que le PSG avait perdu 4 – 2 au match aller, un match gagné 3 – 0 au Parc face à Liverpool dans une ambiance exceptionnelle. Pour ne citer que ceux-là, car il y en a d'autres ! Malheureusement, l'histoire ne s'est pas répétée puisque le PSG a perdu sa finale face à Barcelone sur une erreur individuelle de N'Gotty, qui a concédé un penalty idiot. Le héros de l'année précédente se retrouve là nettement fautif. Et c'est la révélation de cette saison, futur ballon d'Or, Ronaldo, qui transforma ce penalty alors qu'il avait été transparent durant cette finale. Rageant ! Entre temps, le PSG fut éliminé dans les deux coupes nationales, et c'est donc la première fois depuis 5 ans que le club de la capitale n'a rien gagné. Et pourtant, que la saison fut belle et riche en émotions encore une fois ! A noter que cette nouvelle finale a permis au PSG d'égaler un record : en se qualifiant cinq fois d'affilée en Coupe d'Europe, il est devenu le seul club français à avoir réalisé cet exploit et partage ce prestige avec le Real Madrid de la fin des années 1950 et l'Ajax d'Amsterdam de Johan Cruyff... Rien que ça !

1997/1998 arrive donc et on ne le sait pas encore, mais ce sera la dernière saison de « l'âge d'Or ». Car celle-ci va marquer la fin d'une époque et va une nouvelle fois être très riche en évènements. Et elle commence très fort, avec une histoire rocambolesque qui aurait pu coûter très cher. Grâce à la deuxième place de l'année précédente, Paris est qualifié pour la phase préliminaire de la Ligue des Champions. Le 13 août 1997 a lieu le match aller, en Roumanie, face au Steaua Bucarest. Paris perd 3 – 2, mais les deux buts marqués peuvent permettre d'envisager le meilleur. Enfin presque. Car une semaine plus tard, le PSG apprend que son match est perdu sur tapis vert, avec comme motif que Laurent Fournier fut aligné alors qu'il était suspendu pour ce match ! Comment un tel état de fait a-t-il pu échapper au club ? Il s'agirait d'une sombre histoire de fax égaré... Bref, Paris se ridiculise aux yeux de la France et doit faire un véritable exploit à domicile. Et ce que personne n'attendait va être fait, au prix d'un match historique : sous l'impulsion d'un duo Raï/Leonardo exceptionnel, Paris gagne par 5 buts à 0 et a même refait son retard dès la première période ! Leonardo, qui a été transféré quelques jours auparavant au Milan AC, a même retardé son départ pour pouvoir jouer ce match. Une conscience professionnelle qui a permis à Paris de se sortir d'une situation bien délicate ! Mais la suite ne sera malheureusement pas aussi belle : le PSG, pour la première fois depuis 6 ans, est éliminé dès le premier tour de la Ligue des Champions. Tout ça pour ça ! Le coupable fut alors tout désigné : Christophe Revault, le gardien de but parisien, qui n'est pas arrivé à faire oublier Bernard Lama, parti du club en étant fâché. Revault a pretexté le fait d'être perturbé, parce que Lama est toujours là à s'entraîner, à côté de lui. Alors que Lama est parti à West Ham en novembre, Revault perd sa place quelques semaines plus tard au profit de Vincent Fernandez. CQFD... Après avoir été en tête encore en championnat, Paris va connaître des périodes qui vont lui être fatales en fin de saison : le PSG termine neuvième, son plus mauvais classement depuis 1991 et le rachat du club ! En coulisses, la saison est aussi agitée : Pierre Lescure, le président de Canal +, sent que le vent tourne et prépare des changements majeurs. Ricardo et Bats ne seront pas les futurs entraîneurs du club la saison suivante. Plus étonnant, il prépare en douce le départ de Michel Denisot : la nouvelle est rendue officielle en mars. Peut-être cette annonce a-t-elle perturbé les joueurs. Les joueurs cadres du club, comme Loko ou N'Gotty, ont des problèmes psychologiques et relationnels. Enfin, Perpère voudrait délocaliser le PSG au Stade de France, un projet qui n'a heureusement jamais vu le jour ! En résumé, une saison agitée, longue et pénible, concrétisée cependant par un nouveau doublé en coupes nationales. Cette saison se termine sur une émotion exceptionnelle : le capitaine Raï, qui n'est pas de notre galaxie mais a su devenir le Roi du Parc, annonce son départ à la fin de saison. Son dernier match dans son antre, le 25 avril 1998 face à Monaco, est digne de son statut : aimé de tout le public, il est ovationné et ne peut contenir ses larmes. Il déclare alors : « Vous resterez à jamais dans mon coeur. » Cela tombe bien : lui aussi restera dans les nôtres !

En résumé, l'âge d'or du PSG peut se résumer à la période Denisot, de 1991 à 1998, Paris a écrit les plus belles pages de son histoire. En gagnant trois Coupes de France, deux coupes de la Ligue, un trophée des Champions, un championnat de France et une Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupes, Paris a marqué les esprits. Cette période restera culte pour ses supporters, qui ont vu jouer des joueurs techniques, physiques, élégants et diablement efficaces. Raï, Weah, Ginola, Lama, Kombouaré, Le Guen, Fournier, Guérin, Leonardo, Djorkaeff, Bravo, N'Gotty pour ne citer qu'eux : tous ces joueurs ont marqué de leur empreinte, chacun à leur manière, le club de la capitale. On ne peut donc que les remercier de tout ce qu'ils ont accompli ! Et cela tombe bien qu'ils aient réalisé tout ça, car par définition, un âge d'Or a forcément une fin...