Dans le chaudron de Bollaert, le RC Lens a renversé Rennes sur le score de 3-1 lors de la 21e levée de Ligue 1, reprenant provisoirement la tête du classement. Mais à la veille du choc, un choix tactique a fait grincer des dents : l’absence du jeune Monténégrin Andrija Bulatovic, en pleine bourre.
Pourquoi ce sacrifice au milieu ?
Pierre Sage, l’entraîneur sang et or, a dû trancher dans le vif pour composer son groupe resserré à 21 noms. Avec le retour sur le banc de Samson Baidoo après blessure, il a misé sur une couverture renforcée en défense et en pointe, histoire d’avoir des munitions plein les poches malgré la rotation forcée. Le coach n’a pas mâché ses mots sur ce coup dur : « Je pense que c’est la décision la plus injuste que j’ai prise depuis le début de la saison. Je l’ai exprimé au joueur parce que c’est vraiment quelqu’un qui donne tout à l’équipe. Malheureusement, sur ce match-là, j’ai dû prendre une option différente ».
Bulatovic, 19 ans et déjà un marché à 1,8 million d’euros, sortait d’une séquence étincelante : 0 but mais 1 passe décisive en 349 minutes cette saison en Ligue 1, avec une moyenne de 7,05 sur FotMob. Sage imagine même l’avoir vu entrer en fin de partie si l’effectif avait compté 22 têtes, peut-être au poste de récupérateur relayé par Florian Sotoca. « Cette décision était complètement injuste parce qu’il sortait d’un match sensationnel et surtout d’une période où il était très, très performant », a-t-il ajouté.
Le technicien sait que ça a piqué le gamin : « Je sais que ça l’a touché, mais je pense qu’il a entendu mes mots et aussi ma gêne par rapport à ce choix ». Dans un effectif au taquet – 16 victoires déjà cette saison, 10e clean sheet à domicile d’affilée malgré un rouge – ces arbitrages font partie du jeu.
Des choix qui paient en course au podium
Lens trône à la 2e place avec 49 points après 21 journées, à deux longueurs du PSG leader (51 pts). Sage maintient le cap offensif : « Il faut toujours avoir des solutions offensives parce que ça nous permet de rester dans notre match quand on est bien et d’inverser les tendances quand on est mal ». Remplacements malins, polyvalence avec Sotoca ou Anthony Bermont en pistons : voilà la recette d’une équipe qui respire la confiance, même si les frustrations individuelles montent.
Avec 13 victoires sur 14 derniers matchs toutes compétitions confondues, les Artésiens marchent sur l’élite. Bulatovic digérera, et le groupe entier visera plus haut, direction Paris FC ce week-end pour enchaîner. Dans ce racing club revigoré, les durs choix forgent les champions.




