Les supporters phocéens digèrent mal cette nouvelle claque en terres belges. Battus 3-0 par le Club Brugge lors de la dernière journée de la phase de ligue en Ligue des Champions, les Marseillais sont sortis par la petite porte, malgré des chances de qualification élevées avant le match. Une humiliation qui ravive les tensions internes et met le coach italien dans une position intenable.
Le chaos tactique pointé du doigt
Le président Pablo Longoria rêvait d’un projet à la Diego Simeone, avec un engagement sur plus de dix ans pour Roberto De Zerbi, comme il l’a confié récemment à la presse britannique. Mais cette vision ambitieuse vacille après une campagne européenne catastrophique : cinq défaites en huit rencontres, dont deux 3-0 consécutifs face à Liverpool et Bruges. En Ligue 1, l’OM alterne pourtant le bon et le moins bon, avec des victoires solides comme le 3-1 contre Lens fin janvier ou le 5-2 à Angers.
Les reproches pleuvent sur la gestion de l’effectif. Selon des données statistiques actualisées, De Zerbi a présenté pas moins de trente compositions différentes en trente matchs, un record qui désoriente les joueurs. Sur l’antenne de RMC dans Rothen s’enflamme, Christophe Dugarry, passé par l’OM dans les années 90, n’a pas mâché ses mots : « Comment aujourd’hui, on peut s’en prendre aux joueurs ? Si sur les 30 derniers matchs, l’entraîneur nous fait 30 compositions d’équipe différentes au bout d’un moment tu n’as pas de repères… Tu n’as pas d’organisations quand on a le ballon, quand on l’a ou pas. C’est déjà difficile quand il y a 11 joueurs titulaires de comprendre une, deux ou trois organisations tactiques différentes. Mais quand tu as 40 joueurs à qui il faut expliquer ça, c’est un foutoir improbable ! »
L’ancien champion du monde enchaîne sur les effets délétères de ce turnover permanent : « A partir du moment où l’entraîneur a décidé de mettre 30 compositions d’équipes différentes sur 30 matchs, il est responsable du fait que les joueurs n’aient pas de régularité, d’automatisme, soient perdus sur le terrain. C’est normal qu’ils se sentent perdus. Si on avait eu à notre époque un entraîneur qui nous avait expliqué ça, qui dit tout et son contraire en conférence de presse, quand tu vois que tactiquement sur chaque match il aurait proposé quelque chose de différent… Si on avait été dans le vestiaire, je sais comment ça se serait passé : on se serait regardés et on aurait rigolé en disant : « mais c’est quoi ce guignol ? Qu’est-ce qu’il nous fait le mec ? » C’est incompréhensible ! » Ces déclarations cash résonnent dans un vestiaire déjà agité.
Tensions internes et avenir incertain
Les coulisses bouillonnent aussi. Walid Acherchour a récemment évoqué une passe d’armes entre De Zerbi et Pierre-Emile Hojbjerg lors d’un live, datant d’une victoire contre l’Union Saint-Gilloise en décembre. Le Danois, pilier du milieu, fait l’objet de rumeurs de départ, mais l’entraîneur le considère comme un leader essentiel. Post-défaite, De Zerbi a pris ses responsabilités sans détour, tout en démentant des envies de démission.
Face à cette déroute européenne, l’OM doit maintenant se recentrer sur le championnat, où la course aux places européennes reste ouverte. Reste à savoir si le projet Longoria-De Zerbi survivra à cette passe noire, ou si les supporters exigeront du concret sur le terrain plutôt que des promesses à long terme.



