Ce n’est plus une rumeur, ni un doux fantasme : Zinedine Zidane va prendre les commandes des Bleus. Derrière le silence poli de la FFF, les confidences de Jacques Santini confirment ce que tout le monde sait déjà sans oser le dire trop fort. En 2026, après quatorze ans de règne deschampsien, c’est une nouvelle ère qui s’ouvrira pour l’équipe de France. Et pas avec n’importe qui.
Le Real Madrid l’a façonné comme tacticien, la légende des Bleus lui a donné une aura unique. En club, Zidane a dompté les ego et aligné les titres. En sélection, il incarne un héritage, une exigence et une promesse de renouveau. Jacques Santini ne mâche pas ses mots : « Il saura faire. » Gérer 25 internationaux dans un vestiaire éclaté, c’est son quotidien depuis ses débuts sur le banc merengue.
Mais l’enjeu dépasse la simple succession d’un sélectionneur : c’est une refonte de l’ADN des Bleus qui s’annonce. Exit la rigueur méthodique de Deschamps, place à une vision plus instinctive, plus fluide, plus… Zidane. Le genre de changement qui ne se décrète pas, mais qui se prépare dans l’ombre, avec un œil sur les terrains et l’autre sur les coulisses.
« Tous ces gens-là, depuis quelques mois maintenant, doivent être sur beaucoup de terrains, analyser… », souffle Jacques Santini. Le message est limpide : la machine est déjà en route.
Deschamps-Zidane : rupture ou continuité déguisée ?
Didier Deschamps, c’est la stabilité, la discipline, l’équilibre. Zinedine Zidane, c’est la créativité, le flair, la gestion émotionnelle. Deux styles, deux écoles, deux époques. Pourtant, la transition pourrait ne pas être aussi radicale qu’espéré. « Tout dépendra aussi s’il voudra simplement par petites touches modifier ce qui est en place depuis plus de dix ans », avance Santini. Un avertissement pour ceux qui espéraient une purge générationnelle.
Zidane, s’il entre dans le costume de sélectionneur, pourrait très bien endosser celui de continuateur plus que de révolutionnaire. C’est là tout le paradoxe : celui qui incarne un fantasme de jeu pourrait, dans les faits, prolonger certains choix de son prédécesseur. Le Zizou coach n’a jamais été un idéologue, mais un pragmatique. Le risque ? Une fausse rupture, un changement de visage mais pas de fond.
Mais le charisme naturel du Marseillais, son aura intacte dans le vestiaire français et sa capacité à faire adhérer les egos les plus lourds pourraient lui permettre d’imposer sa touche progressivement. En gardant ce qui marche, tout en insufflant du neuf. Un dosage délicat, mais à sa portée.
Mbappé, Dembélé, et les autres : quelle France pour Zidane ?
La question brûle toutes les lèvres : à quoi ressemblera la France de Zidane ? Une équipe de rupture ou de transition ? Une armée de jeunes loups ou un noyau d’anciens guidés différemment ? Santini évoque un groupe de 40 à 50 joueurs scrutés de près. Et surtout, il pose LA question qui intrigue : « Dans quel cadre de jeu va-t-il faire jouer Mbappé et Dembélé ? »
C’est ici que tout se joue : dans la gestion des leaders offensifs, dans l’animation offensive, dans les principes de jeu. Zidane a souvent été critiqué pour sa discrétion tactique au Real. Mais en sélection, avec des rassemblements limités, c’est peut-être la bonne méthode. Créer un cadre simple, cohérent, et laisser le génie s’exprimer.
Reste à savoir s’il osera mettre de côté certains noms ronflants, relancer des talents oubliés ou imposer un nouveau cadre disciplinaire. En d’autres termes : s’il saura trancher dans le vif. Zidane n’est pas qu’un nom, il est une attente. Immense, dévorante, quasi-mystique.
En acceptant ce défi, il ne s’offre pas une promenade en terrain conquis, mais une ascension vertigineuse où l’histoire ne pardonne rien. Et s’il échoue, ce ne sera pas faute d’expérience, mais peut-être d’audace. L’histoire ne fait pas de cadeau aux demi-mesures.




