Dans le chaudron de la Ligue 2, où chaque but pèse lourd, Ibrahima Baldé s’impose comme le fer de lance de Rodez AF. À 23 ans, ce Parisien formé au RC Lens enchaîne les réalisations et porte les Aveyronnais vers le milieu de tableau.
De l’ombre à la lumière sur la pelouse
Longtemps freiné par une blessure au pubis qui l’a tenu éloigné dix-huit mois, Baldé a dû batailler pour retrouver son niveau. Des rechutes à répétition, un mental mis à rude épreuve : il a fallu attendre son arrivée à Rodez en 2024 pour que les astres s’alignent. “Il a fallu du temps pour que tout s’aligne”, confie-t-il, soulignant comment la sérénité retrouvée l’a propulsé vers l’avant.
Aujourd’hui, ses 8 buts en une vingtaine de rencontres en font le meilleur marqueur du RAF cette saison, un total qui le classe parmi les tous premiers de la division. Une série impressionnante, avec une réalisation toutes les cinq sorties récemment, qui a culminé lors du déplacement à Boulogne-sur-Mer fin janvier.
Le club, rempart contre les doutes
L’été dernier, un transfert quasi bouclé vers le Cercle Bruges a capoté sur une visite médicale fantôme. Le staff ruthénois, emmené par Didier Santini, a pris les choses en main pour rebâtir le joueur, corps et esprit. “Le club a tout fait pour l’aider, lui faire comprendre qu’il n’avait rien du tout au genou”, insiste l’entraîneur, qui tique sur cette anomalie belge : “Je ne sais pas pourquoi on lui a trouvé une blessure qui n’existait pas.”
Prolongé jusqu’en 2028, Baldé mesure 1,85 m et brille par sa polyvalence : frappe des deux pieds, jeu de tête, pivotage rapide. “Il peut planter 10-15 buts par saison s’il est bien”, prédit Santini, qui vante son sérieux aux entraînements et son engagement collectif. Sa valeur marchande oscille autour de 500 000 euros, signe d’une cote en hausse.
Rodez, 11e avec une trentaine de points après 22 journées, doit beaucoup à ce dynamiteur pour sa solidité au classement.
Pour la première fois, Baldé se sent “vraiment un joueur pro”, pas juste sur contrat mais dans les faits. Son histoire, forgée dans l’adversité, dope les Ruthénois dans la course au maintien et plus si affinités.



