Imaginez la scène : à peine 35 minutes de jeu et déjà trois buts dans les filets. Vendredi soir, sur la pelouse monégasque, le FC Nantes a vécu un cauchemar en ouverture de la 22e journée de Ligue 1. Malgré une réaction timide avant la pause ramenant le score à 3-1, les Canaris n’ont rien pu faire pour renverser une AS Monaco revigorée, qui signe là une victoire précieuse avant ses barrages de Ligue des Champions contre le PSG. Une déroute qui aggrave la spirale négative des Nantais.
Les joueurs sonnent l’alarme après la débâcle
Sur le terrain, l’équipe dirigée par Ahmed Kantari, en poste depuis décembre dernier, a affiché un visage décomposé. Nicolas Cozza, défenseur et ex-Montpelliérain, n’a pas mâché ses mots au micro : «c’est honteux de faire la première demi-heure qu’on a fait. On peut pas jouer notre survie comme ça. Il faut se remettre en question. Il reste douze matches, douze finales pour aller chercher ce maintien. Il faut se bouger le cul. C’est pas question de plan; c’est de l’envie et de la volonté. Les trois premiers buts, c’est honteux, on doit vite réagir et faire mieux.»
De son côté, le gardien Anthony Lopes, auteur d’arrêts décisifs malgré la cinquième défaite consécutive de son équipe, pointe du doigt l’entame ratée : «On n’a pas démarré le match comme on aurait dû le faire. On s’était dit qu’ils avaient un match mardi et qu’inconsciemment, il ne mettrait pas l’intensité qu’on allait mettre. On a fait 35 minutes fantomatiques. L’attitude n’était pas bonne. On s’est fait couper la tête. Quand on subit en infériorité numérique quand il s’agit de défendre, ça ne pardonne pas. Il y a de la qualité en face. je pense que les choix n’étaient pas bons. Les choix n’étaient pas bons à un moment, on s’est mis dans la difficulté. On a fait des passes à des joueurs qui ne voulaient pas le ballon. On aurait dû mettre plus de ballons dans leurs dos. On a été mis à mal pendant 35 minutes, même si c’était mieux après mais perdre 3-0 au bout de 35 minutes ici, ça ne pardonne pas. C’est une équipe un peu en difficulté mais on l’est plus.» Lopes insiste aussi sur l’objectif réaliste : viser les barrages, loin d’un maintien direct, avec huit points de retard sur le Paris FC, 15e.
Kantari appelle à l’union pour inverser la tendance
Les supporters, furieux sur les réseaux, exigent du concret. Actuellement 17e au classement avec seulement 14 points, à égalité d’Auxerre mais devant Metz (13 pts), Nantes doit disputer les précieux barrages contre le vainqueur des playoffs de Ligue 2 pour espérer rester dans l’élite. L’entraîneur Ahmed Kantari, sous pression croissante, préfère l’optimisme : «ce début de match, ca génère beaucoup d’incompréhension. Tu peux subir aussi. Mais quand tu prends un but, tu ne dois pas tendre la joue et prendre trois buts en quatre minutes. On court après le score sévèrement après. On n’est pas assez tranchants en seconde période et on n’a pas été assez cliniques pour marquer ce deuxième but. On est une équipe malade et l’aspect mental joue beaucoup. Le premier but nous met un coup au moral. On doit rester costauds dans ces moments. On a eu cette fébrilité qu’on n’aurait pas dû avoir. Cozza n’a pas tort, on doit mettre beaucoup plus d’envie. J’ai pas aimé ce manque d’agressivité sur les 30 premières minutes. Le vestiaire est très déçu mais on reste unis. On a montré, en marquant, en poussant, que le groupe ne lâche pas. On est dans une course aux points qui va être difficile. Il faut garder cette unité.»
Face à cette série noire – cinq revers d’affilée en championnat –, les Jaune et Vert n’ont d’autre choix que de se remobiliser. Dimanche 22 février, la Beaujoire accueille Le Havre pour un choc à domicile qui sent déjà la poudre. Les Canaris ont les armes pour rebondir, à condition de retrouver faim et solidarité dès le coup d’envoi.



