À Amiens, la pression monte en Ligue 2. Alors que le club picard végète à la 16e place avec seulement 19 points après 21 journées disputées cette saison 2025-2026, la direction a sorti le chéquier en fin de mercato hivernal pour injecter du sang neuf. Un pari risqué dans un contexte budgétaire serré, mais vital pour sauver la peau du Sporting.
Un groupe trop vert confronté à la réalité du championnat
L’effectif de l’Amiens SC a connu une métamorphose profonde ces dernières saisons, avec un rajeunissement massif incluant de nombreux éléments issus du centre de formation. Omar Daf, l’entraîneur, assume ce choix stratégique : “Vu le nombre de départs que nous avons eus à l’intersaison, l’effectif a été rajeuni avec beaucoup de joueurs du centre de formation, donc on savait que la saison allait être difficile. C’est un projet qui est assumé par le club.” Le président Bernard Joannin abonde dans ce sens, soulignant les progrès acquis : “Je ne le regrette pas : ils ont pris de la maturité. Le tempo était peut-être trop prématuré pour certains mais l’expérience qu’ils ont engrangée leur servira fortement dans la poursuite de leur carrière. C’est, pour Amiens, un point très positif.”
Malgré ces avancées, les résultats patinent. Seulement quatre points glanés sur les dix derniers matchs à l’époque des arrivées clés, et aujourd’hui encore, le Sporting reste englué dans la zone rouge des barrages. Daf pointe du doigt les faiblesses évidentes : “Si on est à cette place-là, il y a aussi des raisons. Donc il faut essayer de trouver des leviers.”
Quatre prêts ciblés pour boucher les brèches
Pour inverser la tendance, Amiens a accéléré lundi dernier du mercato. Après l’arrivée de Jérôme Roussillon (33 ans, arrière gauche expérimenté), quatre renforts en prêt ont posé leurs valises : Yoan Koré (21 ans, défenseur du Paris FC), Samuel Ntamack (24 ans, attaquant d’Huesca), Ibou Sané (20 ans, attaquant de Metz) et Skelly Alvero (23 ans, milieu du Werder Brême). Un investissement assumé par l’actionnaire, comme le martèle Joannin, qui ne cache pas sa frustration : “Il est clair que cette saison ne me convient pas du tout, encore moins notre classement. On a pris des dispositions très importantes sur ce mercato. Maintenant, c’est au coach et à ses adjoints de faire le boulot.”
Daf se veut optimiste : “Ce sont des joueurs qui vont nous faire du bien : il fallait absolument retoucher cet effectif pour aller chercher cet objectif qu’est le maintien. On se rend compte aussi des manques que nous avions, c’était nécessaire de les combler.” En 2026, cette stratégie des prêts persiste, avec des ajustements modestes au mercato hivernal – départs comme celui de Junior Fofana, promesses de recrues ciblées une par ligne, et renfort au staff avec Serge Costa. Joannin réitère son engagement pour viser le maintien, malgré la pression montante sur Daf.
Des finances sous tension, un modèle à repenser
Derrière ces mouvements, le talon d’Achille reste financier. Amiens, comme la plupart des clubs de Ligue 2, jongle avec un déficit chronique : dépenses estimées entre 12 et 14 millions d’euros, recettes autour de 7 à 8 millions. Joannin alerte : “Vous n’avez que deux options : soit vous vendez vos meilleurs joueurs, soit le président actionnaire met l’argent. Il faut que Nicolas de Tavernost, Arnaud Rouger et Vincent Labrune trouvent les solutions parce qu’à terme, ce modèle n’est plus viable.” Les droits TV, gérés par beIN Sports à hauteur de 40 millions annuels pour l’ensemble du championnat, n’allègent pas assez la charge, et les déficits persistent même si divisés par deux récemment.
À la Licorne, on mise sur ces ajustements pour transformer l’essai. Les supporters attendent des actes sur le terrain, pas des promesses. Le prochain choc à Grenoble pourrait tout changer.

