La DNCG a commencé à rendre ses verdicts pour la saison 2025-2026. Si certains clubs respirent, d’autres retiennent leur souffle. Dans un football français en déficit chronique, chaque validation devient une victoire. Et Toulouse n’est pas passé loin du hors-jeu.
Un premier bilan… mitigé
Ce mercredi 4 juin, la DNCG (Direction Nationale du Contrôle de Gestion) a validé les comptes de neuf nouveaux clubs professionnels. À première vue, cela semble rassurant. En réalité, ce chiffre est faiblement encourageant face à un contexte financier toujours plus tendu.
✅ Ligue 1 : Lens, Strasbourg, Toulouse
✅ Ligue 2 : Montpellier, Le Mans, Rodez, Laval
✅ National 1 : Sochaux, Caen (sous réserve de validation de leur statut pro par la FFF)
Seule certitude : aucune mesure n’a été prononcée pour ces clubs, ce qui, au vu des antécédents récents, ressemble presque à un miracle. Pour autant, la DNCG se garde bien de tout optimisme généralisé.
Le football français toujours sous perfusion
Jean-Marc Mickeler, président de la DNCG, a prévenu dès le printemps : les comptes sont dans le rouge. Entre 1,2 et 1,3 milliard d’euros de déficit d’exploitation, hors transferts. Une saignée causée, selon lui, par une gestion hasardeuse remontant à 2018, et notamment l’illusion Mediapro – ce contrat télé mirage qui a fait dépenser à tort et à travers.
La dépendance aux ventes de joueurs n’a jamais été aussi forte. Et certains clubs pourraient bien se voir rétrogradés administrativement dans les prochaines semaines. Lyon, Reims, Angers ou Nantes seraient dans le viseur. Pour Mickeler, il n’y aura pas d’effondrement massif, mais des sanctions ciblées, sévères si besoin.
🗣 « On ne jouera pas à 12. » – Jean-Marc Mickeler
TFC : validation sur le fil, incertitudes en coulisses
Bonne nouvelle du côté de Toulouse : la DNCG a confirmé que le club était “dans une solide position économique et structurelle” pour rester en Ligue 1. Mais l’arrière-boutique est loin d’être sereine.
👉 Le président Damien Comolli a quitté le navire fin mai, direction la Juventus. En attendant son remplaçant, c’est Neil Chugani, représentant du fonds RedBird (propriétaire du club), qui assure l’intérim. La stabilité est fragile, et le mercato devra être mené avec rigueur.
Selon L’Équipe, trois noms circulent pour reprendre les rênes du club : Olivier Cloarec (ex-Rennes), Julien Fournier (ex-Nice) et Olivier Pickeu (ex-Caen). Le choix devra être rapide pour garantir la continuité du projet.
Montpellier et Sochaux : des validations sous pression
C’est presque une surprise : Montpellier, lanterne rouge de Ligue 1 cette saison, a passé la DNCG sans encombre. Aucun encadrement de la masse salariale, aucune interdiction de recrutement. Une rare éclaircie pour les Pailladins, qui peuvent reconstruire sereinement leur effectif pour la Ligue 2. Mais le défi reste colossal : seuls 3 relégués sur 15 ces 5 dernières saisons sont remontés directement.
Sochaux, quant à lui, revient de loin. En 2023, le club flirtait avec la disparition. Aujourd’hui, ses comptes sont à flot. Mais la validation reste conditionnée à la confirmation de son statut professionnel par la FFF. Un feu vert encore attendu.
Des validations… mais pas de blanc-seing
La DNCG a beau avoir validé plusieurs dizaines de clubs depuis le début du mois (dont PSG, Auxerre, Amiens, Troyes, Grenoble…), la prudence reste de mise. Certains dossiers sont encore en cours d’examen, et la menace de rétrogradation plane toujours.
Cette rigueur s’inscrit dans une volonté claire : stopper l’hémorragie économique, mettre fin à la fuite en avant budgétaire, et forcer les clubs à revoir leur modèle
Ce qu’il faut retenir
- 9 clubs validés ce mercredi, tous sans mesure
- Toulouse validé, mais toujours sans président officiel
- Montpellier et Sochaux passent, mais entament une phase de reconstruction
- La DNCG promet des sanctions à venir pour les clubs les plus fragiles
- L’ombre du fiasco Mediapro continue de peser sur les finances du foot français




