Alors que l’Olympique de Marseille tangue en pleine tempête sportive, voilà que la direction phocéenne s’ouvre un nouveau front : celui des relations tendues avec les médias. Un échange de communiqués cinglants met le feu aux poudres, au moment où les supporters attendent du concret sur le terrain plutôt que des leçons de morale.
Le coup de gueule initial de Marseille
Le 25 janvier dernier, le club a sorti un texte officiel pour poser ses règles du jeu avec la presse française. L’idée principale ? L’accès aux infos et aux joueurs se décide en fonction des pratiques journalistiques passées, des analyses de contenus et d’un certain respect de l’institution. Marseille précise ne pas boycotter qui que ce soit, mais promet de poursuivre en justice toute attaque injustifiée qui salit son image ou celle de ses membres.
Ce positionnement arrive dans un contexte brûlant : l’OM vient d’être sorti de la Ligue des Champions sur un scénario catastrophe, a concédé un nul frustrant face au Paris FC (2-2), et fait face à des remous internes avec des accrochages à l’entraînement – De Zerbi a même recadré vertement un défenseur – et une réunion de crise prévue avec les groupes de supporters ce lundi 2 février à la Commanderie. Pourtant, actuellement 3e de Ligue 1 avec 39 points après 20 journées, les Olympiens ont les moyens de viser haut si l’ambiance s’apaise.
La contre-attaque de l’UJSF
Pas de quoi calmer les choses. Le 28 janvier, l’UJSF – l’Union des journalistes sportifs de France – a riposté avec son propre communiqué, chargé d’inquiétude. « L’UJSF s’étonne et s’émeut du communiqué récemment publié par l’Olympique de Marseille, dans lequel le club marseillais, en conflit avec de nombreux médias, souligne que l’accès aux informations et aux joueurs, pour résumer, est fondée sur « l’analyse des contextes, des traitements observés et du respect de l’institution ». En clair, l’OM a l’intention de permettre aux journalistes de travailler avec le club selon leur degré de complaisance. L’UJSF dénonce cette conception peu supportable de l’information, qui n’est pas à la hauteur de l’histoire de ce grand club, et sera vigilante sur l’évolution de cette situation », lit-on dans leur texte officiel.
Ce bras de fer fait écho à des frictions plus larges, notamment autour du directeur sportif Mehdi Benatia, accusé par certains de durcir les rapports avec les rédactions. Sur les réseaux, les avis fusent, entre défenseurs du club qui y voient une réaction légitime au “mépris” ambiant et soutiens à la presse qui craignent une atteinte à l’indépendance.
Face à ces échanges vifs, une chose est sûre : au Vélodrome, où le foot se vit à fleur de peau, mieux vaut que les dirigeants rangent les communiqués pour laisser place aux crampons. Les supporters, eux, guettent les actes sur le pré vert, pas les mots dans les colonnes.




