En pleine fin de mercato hivernal, le Racing Club de Strasbourg voit son pilier défensif Mamadou Sarr filer vers Londres. Les Blues activent une clause pour le récupérer, tandis qu’un jeune Argentin prend le relais en Alsace. Ce mouvement illustre les rouages complexes de la galaxie BlueCo, où les ambitions anglaises priment souvent sur les besoins français.
Le retour express de l’international sénégalais
Le solide central de 20 ans, passé par l’Olympique Lyonnais avant de briller en Ligue 1 avec le Racing dès 2024, avait paraphé un bail de longue durée avec Chelsea l’été dernier, jusqu’en 2033. Prêté pour consolider son expérience, il a enchaîné 14 titularisations cette saison en championnat, cumulant plus de 1 200 minutes sans marquer mais avec une présence rassurante au cœur de la défense strasbourgeoise.
Champion d’Afrique récent, Sarr a rayonné lors de la CAN 2025, titularisé en finale où le Sénégal a triomphé du Maroc 1-0 après prolongations grâce à un penalty décisif. Il a tenu la mire avec un clean sheet, une précision de passe à 93% et plusieurs interventions clés, prouvant sa maturité malgré son jeune âge.
Dimanche soir, pour la 20e journée de Ligue 1 face au PSG, il était encore aligné dans l’effectif alsacien, disputant la rencontre perdue 1-2 devant une Meinau en feu. Dès lundi matin, direction l’Angleterre pour intégrer l’effectif des Blues.
Anselmino en renfort, un pari sur la jeunesse
Pour combler le vide, Strasbourg accueille Aaron Anselmino, autre prodige de 20 ans recruté par Chelsea en provenance de Boca Juniors pour environ 15 millions d’euros en 2024. Prêté au Borussia Dortmund l’été dernier, l’Argentin n’a glané que six apparitions en Bundesliga, marquant toutefois un but, avant un rappel prématuré qui l’avait ému aux larmes.
Ce prêt jusqu’à la fin de saison vise à lui offrir du temps de jeu en L1, dans un contexte où le Racing cherche la stabilité. Chelsea, de son côté, mise sur ce roulement pour développer ses pépites sans les bloquer.
Les ombres de la multipropriété BlueCo
Ce chassé-croisé n’est pas isolé. Le groupe BlueCo, qui contrôle à la fois Chelsea et Strasbourg depuis 2023 pour près de 75 millions d’euros, suscite des débats houleux. Récemment, l’entraîneur Liam Rosenior a quitté le banc alsacien en pleine saison pour Chelsea, provoquant la colère des supporters qui y voient une exploitation unilatérale.
Les critiques pleuvent sur ce modèle multi-clubs : il profite surtout au géant anglais, au détriment du foot français fragilisé. Strasbourg, malgré des investissements, reste une roue dentée dans cette machine, perdant ses meilleurs éléments au pire moment. Le mercato de Jeremy Jacquet avorté pour Chelsea, justement à cause du retour de Sarr et d’autres jeunes comme Acheampong, montre que les Blues priorisent leur profondeur d’effectif.
Le Racing devra digérer ce coup, compter sur Anselmino pour verrouiller l’arrière-garde et viser les places européennes en L1. Dans le foot à hauteur d’homme, ces décisions rappellent que les gros poissons mangent souvent les petits, même sous le même propriétaire. Strasbourg a les reins solides pour rebondir, mais à quel prix pour son identité ?




