Des pays du Golfe au Nord-Pas-de-Calais
Paul Pogba retrouve les terrains petit à petit, mais c’est pour autre chose que du foot que le champion du monde a fait parler de lui cette semaine. Le joueur de 32 ans, que certains voient déjà dans une nouvelle phase de carrière comme Paul Pogba va diviser son salaire par 4, s’est lancé dans le business de chameaux. Dans la ferme de Bouin-Plumoison, La Camélerie, Julien Job voit des chameaux et autres dromadaires avancer dans un décor qui ne ressemble en rien au désert. C’est pourtant ici, dans le Pas-de-Calais, que viennent se croiser ministres, chercheurs, diplomates saoudiens. Julien Job rappelle toujours la même chose depuis une décennie : l’Europe passe à côté d’un animal qui façonne la vie de dizaines de pays.
« En Europe, on ne connaît rien aux camélidés », explique-t-il sans détour. « On est les seuls au monde. Il y a quarante-huit pays qui ont une économie basée sur le chameau. Dans certains, si vous retirez le chameau, le pays part à la famine. C’est un animal qui a créé des peuples entiers. Nous, on n’en sait rien. » Il parle d’un marché mondial en croissance constante, près de 10 % par an, porté par les pays du Golfe, l’Afrique de l’Est et une économie du désert qui se modernise à une vitesse vertigineuse.
Du Pas-de-Calais à Riyad, en passant par le Kazakhstan, sa spécialité lui vaut aujourd’hui une reconnaissance insoupçonnée. Et Pogba, dans tout ça ? Il annonce devenir actionnaire et ambassadeur de l’écurie saoudienne Al Haboob, première équipe professionnelle de course de chameaux au monde. Dans un contexte où Paul Pogba la renaissance du prodige français se précise, ce virage vers le Moyen-Orient donne une nouvelle dimension à sa carrière.
Robots jockeys et grosses écuries
Le monde que Pogba regarde n’est pas celui des promenades touristiques, mais celui de la course, discipline reine du Golfe. Au Qatar, les dromadaires s’alignent, la piste s’étire sur plusieurs kilomètres et les pick-up ronflent déjà le long de la barrière. Les jockeys sont des robots télécommandés, fixés sur la bosse, que les entraîneurs ajustent en direct. C’est un mélange fascinant entre turf, rallye automobile et cérémonie tribale.
« On sait faire avec un dromadaire tout ce qu’on fait avec un cheval », dit Julien. « Polo, sprint, endurance… Ce sont de vrais athlètes. »
Les prix distribués dans certaines courses dépassent largement les primes de divisions inférieures du football européen. Les écuries sont organisées, avec soigneurs, entraîneurs, vétérinaires spécialisés. Quant au marché, il atteint parfois des sommets : « J’ai vu des chameaux de beauté à cinq, six, huit, dix millions de dollars, souvent, la lèvre est plus grosse » raconte Julien.
Le lait de chamelle, un enjeu d’avenir ?
Il y a donc les courses et un autre élément qui pourrait attirer la curiosité de Pogba : le lait de chamelle. Julien raconte : « On s’est rendu compte que le lait de chamelle a des vertus uniques. Il se produit avec 80 % de moins d’eau. Potentiellement, ça peut agir sur le diabète, sur certaines maladies auto-immunes. Et c’est parfaitement digeste pour les intolérants au lactose. »
« Si Pogba boit du lait de chamelle, il va tout défoncer, » lâche encore l’amateur d’animaux bossus. Des analyses ont produit des résultats confirmant qu’il était moins allergène que le lait de vache. Un produit qui pourrait séduire une nouvelle génération d’athlètes, notamment ceux qui, comme Pogba, envisagent un second souffle dans leur carrière à l’image du PSG et son recrutement de Renato Marin.
Il pourrait donc devenir un investisseur important, apportant une visibilité accrue à cette tradition. Vu de Doha ou Riyad, la décision de Pogba est simplement logique : un joueur connu s’intéresse à un sport puissant, à un marché en expansion, et à un produit que les scientifiques commencent à découvrir.




