Les Girondins de Bordeaux n’ont pas dit leur dernier mot. Ce jeudi à 15 heures, le club et la Fédération française de football se retrouvent au tribunal administratif de Paris. Le juge des référés a accepté d’examiner le recours en urgence. Une audience qui peut tout changer pour un club historique au bord du gouffre.
Le juge ouvre la porte à une audience express
Le magistrat a jugé recevable le référé-suspension déposé par les Marine et Blanc. Il convoque les deux parties pour une confrontation directe ce jeudi. Le club a décidé de laisser tomber l’autre recours envisagé, le référé-liberté, pour tout miser sur cette procédure. L’idée est simple : geler immédiatement la décision de la commission d’appel de la DNCG le temps qu’un jugement au fond soit rendu. Après le coup de massue du CNOSF qui a recommandé de maintenir l’exclusion et le refus de la FFF de réunir son Comité exécutif, c’est vraiment la dernière carte. Les joueurs continuent de s’entraîner comme si de rien n’était, mais tout le monde sait que la saison de National 1 peut leur échapper définitivement. Si rien ne bouge, c’est la Régional 1 et le risque réel de liquidation judiciaire qui attendent un club déjà bien malmené.
Des garanties financières inédites présentées par les repreneurs
Les futurs propriétaires, regroupés autour de Sparta Capital, ont sorti l’artillerie lourde. James Bord, Evan Sofer et Jérémy Green, le patron du fonds Redmile Group, ont versé 10,6 millions d’euros sur un compte séquestre pour régler les arriérés et garantir toute la saison 2026-2027. Ils ont aussi une ligne de crédit de 10 millions d’euros chez JP Morgan et s’engagent à ajouter 20 millions pour éponger les dettes du plan de continuation. Pierre-Olivier Sur, l’avocat qui a déjà défendu Kylian Mbappé contre le PSG, mène la défense avec Thomas Clay et Stéphane Bonichot. « La relégation ne résulte que de dérives financières. Elle a été actée en dépit d’une conciliation qui s’est déroulée sans qu’on ait pu faire valoir notre viabilité financière nouvelle. C’est une erreur de procédure. Ils auraient dû nous donner l’occasion de la démontrer », a-t-il déclaré. Dominique Delport, l’ancien journaliste de M6 devenu dirigeant chez Havas et proche de Vincent Bolloré, sera là en tant que futur président pressenti. Les conseils de Gérard Lopez et du club les accompagneront. Ces montants visent à prouver que le dossier n’a plus rien à voir avec celui examiné il y a quelques semaines.
Le club réclame un nouveau passage devant la DNCG
Les Girondins ne se contentent pas de demander la suspension. Ils veulent aussi que le juge ordonne au Comité exécutif de la FFF de renvoyer le dossier à la DNCG pour un nouvel examen. Après les jours de lobbying intensif de Delport pour vendre le projet, cette audience montre que les repreneurs ont pris les commandes. On parle d’un club six fois champion de France, sacré en 1950, 1984, 1985, 1987, 1999 et 2009, qui risque de se retrouver en sixième division. Les supporters, les salariés et les joueurs qui ont encore l’espoir de jouer au niveau national retiennent leur souffle. Si le juge suit, Bordeaux pourrait encore aligner une équipe en National 1 cette saison. Sinon, c’est une page qui se tourne dans la douleur pour tout un territoire.
Les heures qui viennent vont sembler interminables au Haillan. Quoi qu’il arrive jeudi, le combat pour sauver ce club ne s’arrêtera pas à la sortie du tribunal. Le football bordelais a trop donné pour disparaître comme ça.



